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Le parc de Majolan |
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Créé en 1880, ce parc d'agrément est né de la volonté d'un richissime banquier, Jean-Auguste Piganeau. La légende dit que le parc devait servir à consoler sa fille malade. Sur 20 hectares gagnés sur un marais asséché, il mêle essences locales, rares et exotiques, nature artificielle, grottes factices et fausses ruines, volière et chalet. Le chantier a duré dix ans : le plan d'eau de 4 hectares a été creusé à la pelle dans le canyon qui entoure les grottes artificielles modelées à la chaux hydraulique. Les nombreux ponts répondent chacun à une architecture et à une technique : en lianes, de style gothique, en faux bois (du béton ornementé)...
Majolan étonne chaque jour architecte, paysagiste, jardiniers, mosaïste, tailleurs de pierre, ferronnier, sculpteur, mobilisés sur ce chantier de quatorze mois. "C'est exaltant car, à première vue, l'architecture du parc paraît rustique et humble, explique Fabien Pedelaborde, le jeune architecte bordelais dont le projet de restauration a été retenu. A y regarder de plus près, Majolan est un lieu étonnant, fragile et très scientifique. A nous de montrer que c'est un lieu créé de toutes pièces par l'homme."
Avec un budget de 3 millions d'euros, l'architecte et la paysagiste Graziella Barsacq comptent restaurer l'existant, valoriser les milieux naturels, se laisser aussi une part d'interprétation "et de rêves". Des espèces exotiques vont être réimplantées (séquoias, féviers d'Amérique, kakis...) et des espèces communes arrachées. La prairie initiale au coeur du parc - la seule percée de lumière - sera reconstituée. Les berges seront revégétalisées.
Le long de la route qui longe une partie du parc, les lampadaires seront supprimés. Seuls les arbres et frondaisons seront éclairés en contre-plongée. Les grilles, la signalétique, les ornements des portails et ponts seront en ferronnerie imitant la nature, pour chanter "un hymne au romantisme de l'époque et faire le jeu entre la vraie et la fausse nature, une particularité du XIXe siècle", souligne Mme Barsacq.
Une promenade doit délimiter un parcours en suspension autour d'une végétation typique des marais alentour : l'aulnaie marécageuse. C'est la seule partie "sauvage" du parc, la seule que l'homme n'a jamais touchée.

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